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Courrier des théâtres

Le Figaro – Lundi 20 décembre 1869

Avant de repartir pour Nice, M. de Villemessant a vu Offenbach et lui a dit qu’il était chargé, par le préfet des Alpes-Maritimes, M. Gavini, de lui demander de vouloir bien conduire l’orchestre à la représentation au bénéfice des pauvres, dans laquelle mademoiselle Schneider doit chanter.

Offenbaoh a immédiatement répondu oui.

– Conduire un orchestre n’a pas d’importance, a ajouté le maestro, mais encore faut-il qu’il y ait des musiciens.

M. de Villemessant a de suite expédié la dépêche suivante :

« Mademoiselle H. Schneider, 79, promenade des Anglais, à Nice.

 » Bonne nouvelle : le maëstro accepte avec plaisir conduire orchestre, lui cependant demander avoir vrais musiciens. – Je ne serai à Nice que du 29 au 30. Moi vouloir assister à la représentation ; retenez-moi deux loges et quatre stalles. Tenez-vous bien ; moi pas commode ; si moi pas content, apporter gros sifflets.

« H. de Villemessant. »

La réponse suivante ne s’est pas fait attendre :

« M. de Villemessant, 3, rue Rossini, au Figaro, à Paris.

 » Moi contente, moi certaine d’avoir bons musiciens approximativement – pardon pour la longueur du mot. – Représentation extraordinaire – pardon encore – fixée au 3 janvier. Remercîments [1] chaleureux pour le maestro Offenbach, proférés par immensément de bouches – pas du Rhône. – II est bien vieux, mais il est encore tout neuf ici. Moi pas craindre sifflets, moi bien m’appliquer, et moi espérer beaucoup de bouquets.

 » H. Schneider. »

Nous affirmons d’avance que l’espoir de mademoiselle Schneider ne sera pas déçu, et que les gros sifflets de M. de Villemessant se changeront en bouquets plus gros encore.

Gustave Lafargue.

[1sic

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