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Le Siège de Paris

Le Figaro – Jeudi 12 janvier 1871

116me jour

Le bombardement d’un fort n’a rien de bien gai, mais cela n’empêche pas nos soldats de narguer les obus. A preuve, le fait suivant

Il y a quelques jours, au fort de Vanves, les officiers du 9e bataillon de la mobile de la Seine ont offert une petite soirée musicale aux officiers du 139e de ligne.

Soirée improvisée.

Un petit harmonium, échappé à la destruction, tenait lieu d’orchestre.
On commença par des chants patriotiques, la Marseillaise, le Chant du Départ, le Régiment de Sambre-et- Meuse et jusqu’au
Rhin allemand. Vous voyez que nos troupiers ne doutent de rien.

Un capitaine proposa de transporter l’orgue sur les remparts et de tout bisser au nez des Prussiens ; c’eût été vraiment assez drôle. Mais la prudence supérieure refusa, avec raison, ce petit plaisir. On s’en vengea sur le répertoire d’Offenbach et de Thérésa.

Si les chants avaient pu percer les murs des casemates, ces bons Allemands auraient été fort étonnés d’entendre répondre à leur brutale musique par des airs de Schneider et de Dupuis, par la Déesse du bœuf gras, le Sire de Fiche-ton-camp, etc.

Voilà une réponse à ceux qui doutent du moral des défenseurs de nos forts.

X…

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