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Théâtres

Le Figaro – Samedi 4 janvier 1868

MM. Meilhac et Halévy ont déjà lu à M. Cogiard – pour ses étrennes – deux actes de leur nouvelle fantaisie : les Brigands, promise au public pour octobre prochain.

M. Offenbach ne s’occupera cependant de la musique qu’après les remaniements qu’il va faire au Pont des Soupirs.

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Le succès de Geneviève prend au Menus-Plaisirs des proportions inespérées, malgré la juste confiance qu’inspiraient le talent d’Offenbach et le soin artistique avec lequel la pièce est montée.

La location est prise d’assaut et les agences se plaignent de manquer de coupons pour satisfaire aux demandes du Paris élégant.

Grâce à un adroit remaniement des places et à la création de baignoires et de loges de galeries, M. Gaspari fait des recettes de 3,000 fr. !

On ne peut que se réjouir de ces heureux résultats : la pièce de MM. Tréfeu et Crémieux est pleine d’humour et de fantaisie sans aller jusqu’au débraillé et à l’aliénation mentale. La musique d’Offenbach a su être gaie, originale, entraînante sur des paroles qui ont le sens commun.

Zulma Bouffar est toujours à croquer. Comme l’a si bien dit Paul de Saint-Victor, « elle grignotte les couplets. »

À croquer aussi par Daumier ou Cham sont les deux hommes d’armes Gabel et Ginet.

Si MM. Crémieux et Tréfeu, en blaguant la gent d’armerie, – soyons moyen âge ! – ont montré moins d’audace que M. Hervé, ils sont tout aussi exhilarants.

Et si M. Gaspari a, comme on nous le certifie, dépensé 65,000 francs pour monter cette folie parisienne, il doit s’applaudir de son intelligente prodifalité.

Jules Prével.

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