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Théâtres

Le Figaro – Jeudi 7 mai 1868

Ce soir au Palais-Royal, première représentation du Château à Toto, opéra bouffe en trois actes, de MM. Meilhac, Halévy et Offenbach.

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M. L. Kreutzer, le critique musical de l’Union, a eu hier un de ces mouvements d’éloquence qui le classent à côté des plus grands orateurs antiques et modernes.

Emporté par une saine indignation, il s’est écrié :

« Quant aux immunditice des petits théâtres, je les abandonne à qui voudra les prendre. Peut-être un jour, mon collaborateur n’en voudra plus. Ce jour-là je le marquerai « d’une pierre blanche. » Je m’en vais ; je ne veux plus habiter une ville où l’on joue demain le Château à Toto. Je décamperai à soixante-seize mille lieues de distance… ou plutôt pour me reposer de tout ce bruit, à douze kilomètres (pour me conforter à la règle officielle) sous les beaux ombrages de Ville-d’Avray. »

Allez, cher monsieur Kreutzer, et ne craignez rien. Quand on occupe dans la presse parisienne une place aussi importante que la vôtre, aucune distance n’effraye le lecteur. Dussiez-vous aller au pôle nord, les abonnés de l’Union vous y suivront.

Nous, nous rions au Château à Toto, ne fût-ce que pour constater la morne tristesse où le Palais-Royal sera plongé, ainsi privé tout à coup de votre chère présence !

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Les Variétés ne donneront que vendredi la première représentation du Pont des Soupirs.

Jules Prével.

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