Nous avons de bonnes nouvelles de la petite troupe des Bouffes-parisiens qui est allée jouer la Jolie Parfumeuse au Havre. Les journaux du Havre ne tarissent pas d’éloges sur nos artistes parisiens.
Voici ce qu’en dit M. Hippolyte Fénoux, le chroniqueur du journal Le Havre :
Mme Judic faisait hier, à l’intention du public havrais, une création nouvelle, et pour ceux-là mêmes qui ont pu admirer sur les scènes parisiennes la merveilleuse souplesse d’une organisation artistique exceptionnelle, son apparition dans le rôle de Rose Michon avait tout l’attrait d’une savoureuse primeur.
Mme Judic a pour partenaire Mme Grirot, et l’on ne pouvait trouver perle mieux appareillée pour compléter la parure. On ne saurait rêver époux mieux assortis.
Mme Grivot porte le travesti comme jadis Déjazet, et la vérité de son jeu, c’est tout dire, peut supporter le rapprochement.
Tel est le couple charmant autour duquel M. Daubray agite son ampleur comique et sa majesté burlesque. On comparait l’Alboni à un éléphant qui a avalé un rossignol. M Daubray est l’Alboni des comiques, un éléphant-savant, – qui a avalé un sucre de pomme.
Bonnet, auquel la salle tout entière a fait une entrée chaleureuse, fait la contre-partie de ce Don Juan capitonné.
Ajoutons à ces louanges colorées et qui sont méritées, au dire de l’un de nos amis qui revient du Havre, que Mme Judic joue le rôle et chante les couplets de Bruscambille avec l’accent gascon, le véritable accent toulousaingu. C’est le pendant de l’Auvergnate.
Gustave Lafargue.