Autre correspondance.
Il parait que nous avons fort irrité une amie de Mme Peschard en disant que, bien que Mme Peschard doive jouer à Deauville la Chanson de Fortunio, l’attrait de la semaine des courses consistera dans l’apparition de Mme Théo sous les traits de Bagatelle, car nous recevons une petite lettre pointue, à écriture féminine déguisée, qui nous malmène d’une jolie façon :
Voici la copie de ces pattes de mouche :
« Monsieur,
» Je ne vous croyais pas si peu de goût de préférer Mme Théo à Mme Peschard, et, pour moi, si je vais à Deauville, ce ne sera que pour entendre la ravissante voix de Mme Peschard. Ce n’est pas un parti-pris. Je n’ai jamais eu l’honneur de parler à cette charmante artiste qui a toutes mes sympathies (sic), et bien des gens les recherchent sans pouvoir les gagner (diable ! vous êtes donc bien difficile ?...)
» La plus belle journée de Deauville sera donc la journée où Mme Peschard voudra bien se faire entendre.
» Sur ce, je vous salue.
» M. LORY. »
Eh bien ! Mme Peaohard peut se vanter d’avoir là un défenseur des plus chauds.
Mais je garde mon opinion, n’en déplaise à l’avocat en jupons : les Parisiens qui se trouveront en déplacement à Deauville seront beaucoup plus curieux de voir par exception Théo dans un rôle de Judic que d’entendre une fois de plus Mme Peschard – malgré tout son talent – dans la Chanson de Fortunio.
Jules Prével.