J. Offenbach, l’éminent violoncelliste, qui vient de faire dans le Midi une brillante excursion artistique, est de retour à Paris depuis quelques jours. Il a donné plusieurs concerts à Marseille, où il a excité, comme partout, les plus honorables témoignages de sympathies. Après l’une de ces belles soirées, M. Josep Autran, l’auteur de la Fille d’Eschyle, lui a adressé les vers suivants :
UN TABLEAU DE FAMILLE.
A Mme Herminie Offenbach.
De la riche Allemagne il a tout le génie,
Il est le digne enfant de la terre bénie
Qui vit naître Schubert, Beethoven et Mozart !
Quand sous ses doigts savants, la basse parle et chante,
La foule qu’il enchante
Acclame avec transport un des maîtres de l’art !Dieu, qui l’aime, voulut lui choisir sa compagne :
C’est la plus belle fleur des jardins de l’Espagne ;
C’est un rêve d’amour éclos dans l’Alhambra !
On chercherait en vain dans toute la Castille
Cet œil noir qui pétille
Et la grâce et l’esprit dont Dieu la décora !Entre eux est un enfant, tête blonde et rieuse.
De ta double origine, enfant, sois glorieuse !
Des dons les plus charmants ton berceau fut doté.
A ton père, à ta mère, oh ! ris toujours, bel ange !
Et, fier d’un tel mélange,
Prends à l’un son génie, à l’autre sa beauté !