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Courrier des théâtres

Le Figaro – Mardi 14 décembre 1869

Voici une nouvelle anecdote sur Wagner qui court les journaux allemands et qui ne manque pas d’agrément :

Richard Wagner avait envoyé à Offenbach, qui est Israélite, comme vous savez, sa brochure : Le règne des Juifs dans la musique. Offenbach lut l’écrit et répondit à Wagner :

« Cher Wagner, vous feriez mieux d’écrire de la musique. »

Au reçu de cette lettre, Wagner envoya sa partition de Meistersinger à Offenbach ; celui-ci lui expédia, après quelques jours, la lettre suivante :

« Cher Wagner, réflexion faite, vous feriez pourtant mieux de vous en tenir à écrire des livres. »

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A propos de la Princesse de Trébizonde :

Varin, le père des Saltimbanques précisément en projet, avec l’un de ses collaborateurs, l’exécution de l’idée que messieurs Nuitter et Tréfeu ont portée aux Bouffes-Parisiens.

Ceux-ci ont pris la chose à un point de vue purement fantaisiste. Mais il y avait dans le plan de M. Varin quelque chose qui touchait de plus près à la comédie.

Varin, donnant une suite à son chef-d’œuvre, transportait Bilboquet, Gringalet, Atala, toute la bande, enfin, à la suite de l’enrhumé Ducantal, devenu beau-père de Zéphyrine, les transportait, dis-je, en pleine société bourgeoise d’une petite ville de province, et cette situation donnait lieu à des incidents des plus amusants et des plus vifs. Elle se déroulait en plusieurs tableaux. Les saltimbanques, à l’étroit dans le cadre de la vie civile, se livraient à des réminiscences et à des folies qui faisaient le désespoir de Ducantal, homme estimé et membre du conseil municipal ; enfin, un beau jour, la troupe Bilboquet, n’y tenant plus, reprenait ses costumes et ses accessoires, et faisait, grosse caisse en tête, un départ magnifique de la place publique de la petite ville de X... stupéfiée.

Le premier acte et la scénario de cette farce épique doivent se trouver dans les papiers de feu Varin.

Jules Prével

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L’affiche des Bouffes est complètement renouvelée ; samedi soir on a donné, pour la première fois, une amusante petite pièce, la Romance de la rose, ds MM. E. Tréfeu et J. Prével, musique de M. Offenbach, qui va servir de lever de rideau à la Princesse de Trébizonde.

Lacombe, Hamburger, Victor, mesdemoiselles Périer et Valtesse jouent très gaiement ce petit acte, dont la partition a été immédiatement achetée par MM. Brandus et Dufour.

Une scie d’atelier, intercalée là-dedans et ayant pour titre le Chien du colonel, deviendra vite populaire.

Gustave Lafargue.

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