Le Karltheater de Vienne donnera prochainement Vert-Vert, la Cour du roi Pétaud, l’Homme aux 76 femmes et les Mensonges innocents.
Demain, à Bade, première représentation de la Princesse de Trébizonde.
L’action en est, dit-on, charmante, originale et la musique est extrêmement jolie, ce qui n’a rien d’étonnant, pour qui connaît Offenbach et sa prodigieuse facilité. Le spirituel maëstro n’a qu’à vouloir, l’inspiration docile répond à son appel et les plus gracieuses mélodies surgissent comme par enchantement chacun de ses ouvrages en offre la preuve.
Jacques Offenbach, dont les poëtes célébraient dernièrement le chapeau tyrolien, Jacques Offenbach a disparu du monde.
M. Noriac prétend que l’admiration de ses compatriotes est cause de cette retraite. Voici comment.
Chaque soir l’excellent orchestre du kiosque joue un morceau intitulé Offenbachiana, pot-pourri, très bien arrangé, dans lequel on retrouve les morceaux du maître qui sont devenus populaires. Ça dure deux heures. A la un on applaudit, on trépigne et on fait une ovation à l’auteur d’Orphée.
Jacques, dont la modestie est proverbiale, ne savait où se fourrer ; il a pris un grand parti ; il s’est retiré au Château des jésuites.
Les jésuites l’aiment beaucoup.
Chaque matin le maître se met à l’orgue et charme la communauté par les accents les plus harmonieux.
Les bons Pères, transportés, ont fait disposer une cellule décorée d’une façon charmante. Après la messe, cette cellule devient le rendez-vous le plus aimable qu’on puisse imaginer. Offenbach y reçoit et traite ses amis.
C’est un vrai pèlerinage.
L’autre jour, le prince de K... et la duchesse de R... s’y rencontrèrent avec Mme Thierret. La conversation y a été des plus brillantes.
Quoiqu’un peu surpris par l’esprit de la brave comédienne, les bons Pères lui ont fait beaucoup d’amitiés.
L’intolérance est fille des faux dieux.
Au théâtre d’été, à Mayence, on vient de jouer, avec un succès de franche hilarité une parodie des Maîtres chanteurs de Nuremberg sous le titre de les Maîtres chanteurs ou le Judaïsmes en musique. L’auteur de opérette est M. Franz Bittong et les personnages ou plutôt les interlocuteurs de ce dialogue musical sont Richard Wa(hnsinn) [(]Richard Démence), Félix Mendel(baum), Meyer(bach), Offen(bier), etc.
François Oswald.