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Courrier des théâtres

Le Figaro – Lundi 24 août 1874

Comme nous l’avons annoncé, avant-hier a eu lieu au Casino d’Enghien la représentation donnée par Mmes Théo et Grivot.

Salle trop petite et comble on reconnaissait parmi les spectateurs les abonnés des Bouffes et de la Renaissance.

Mme Théo a remporté, comme toujours, un grand succès de beauté. Quant à Mme Grivot, nous lui faisons compliment de sa voix et de son talent d’artiste.

L’étranger qui regardait les affiches des théâtres vendredi, devait se dire quels heureux directeurs, quels succès.

Plus fort qu’en Angleterre et qu’en Amérique.

En effet, voilà ce qu’il lisait :

Châtelet 203e représ. Les Orphelines
Opéra-Com. 336 » Mignon
Opéra 541 » Les Huguenots
Gaîté 782 » Orphée
Porte-St-M. 1210 » Le Pied de mouton

Seulement il n’y a que les Orphelines qui ont été jouées sans interruption.

Nous nous étions toujours douté qu’Offenbach était un cachottier.

La Messe de Rossini et celle de Verdi empêchaient Jacques de dormir et, comme les maîtres, lui aussi s’est dit :

Je ferai de la musique religieuse.

Mais comme le latin souriait peu au maëstro, il s’est adressé à ses collaborateurs ordinaires Meilhac et Halévy.

Vous ne voulez pas me croire ?

Voici l’histoire :

Il faut d’abord que vous sachiez qu’en Amérique, le dimanche, à l’exception de chants religieux, la musique est absolument interdite, les théâtres et autres établissements de plaisir fermés.

Donc un dimanche les Yankees purent lire l’affiche suivante. – Nous l’avons entre les mains.

AIMÉE ! AIMÉE !
Et toute sa compagnie
Représentations d’adieux d’Aimée
Avant son départ pour la Havane.
CONCERT SACRÉ
LA GRANDE DUCHESSE.
En 4 actes par Meilhac et Halévy, musique par Offenbach.

Eh bien qu’en dites-vous. Très forts les Américains.

Gustave Lafargue.

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