1866

Échos de Paris

Dimanche 7 janvier 1866
Et La Belle Hélène n’a plus qu’un mois à vivre
Elle sera égorgée, au commencement de février, par le farouche Barbe-Bleue, – bleue qui s’approche – et dont on dit des merveilles.
Bu qui s’avance commençait à fatiguer légèrement les échos du boulevard.
Le public réclamait impérieusement un autre dada.
Offenbach va le lui donner.
___
Donc savez-vous ce qu’on chantera, d’ici à quelques mois, de la Madeleine à la Bastille et de Montmartre au Panthéon ?
Encore un couplet où la langue française, agréablement (...)
La Belle Hélène Barbe-Bleue

Nouvelles à la main

Dimanche 14 janvier 1866
Etre bœuf gras voilà où il faut arriver lorsqu’on s’occupe d’art ou de lettres.
Etre bœuf gras !
Mais pour être bœuf gras, il faut avoir donné le la du succès – c’est la note de l’année.
(…)
Meilhac, avec la Belle Hélène, entre dans l’abattoir pour la première fois.
MARDOCHE.
La Belle Hélène

Échos de Paris

Jeudi 18 janvier 1866
Je suis allé, l’autre soir, revoir la Belle Hélène et j’ai ri comme au premier jour.
Cette troupe d’insensés dériderait le nommé Spleen lui-même.
Je dois dire pourtant que Mlle Schneider abuse d’une célérité de gestes que seule la liberté des théâtres lui donne le droit de risquer.
Jamais pièce interdite n’a pu causer à la commission d’examen autant d’inquiétude qu’un seul des signes télégraphiques dont la Belle Hélène souligne la prose de M. Meilhac.
Aucun veto n’est de mon goût. Mais comme je comprendrais (...)
La Belle Hélène

Les théâtres

Dimanche 21 janvier 1866
Aux Bouffes, les Bergers ont cédé la place au Serpent à plumes, de Léo Delibes.
Sitôt ! Ils étaient pourtant charmants, ces Bergers, avec la musique d’Offenbach et les coquets costumes de Bertall.
Après le Serpent à plumes rajeuni et toujours gai comme Léo Delibes – Orphée aux Enfers.
Il a été question de confier à Mlle Léonide Leblanc, de la Société des gens de lettres, le soin de remplir les maillots de Vénus, que faisait craquer jadis Mlle Marie Garnier, dite l’étoile rousse.
Les pourparlers n’ont pas (...)
Orphée aux Enfers Les Bergers

Les miettes de Paris

Jeudi 1er février 1866
(…)
Samedi soir.
Je suis allé, par désœuvrement, tout là-bas à Bobino, où l’on joue une revue de fin d’année qui s’appelle, je crois, V’lan ça y est !
(…) Otez aux faiseurs de revues les petits journaux et les airs d’Offenbach, et je vous déclare qu’ils ne parviendront jamais à coudre ensemble leurs dix ou quinze tableaux. (…)
La jeune femme est montée. Elle s’est assise en face de moi, un sac de cuir sur les genoux, une petite capuche bleue sur la tête, l’air fatigué, ennuyé, las. J’ai reconnu une de ces (...)
Orphée aux Enfers La Belle Hélène Barbe-Bleue

Éloge de la bêtise

Jeudi 8 février 1866
Erasme a écrit l’Eloge de la Folie avec une mauvaise foi évidente. Il s’est moqué de son sujet. J’entreprends l’éloge de la bêtise avec une conviction très sincère et qui a droit au respect. Et voici pourquoi j’entreprends cet éloge.
(…)
Même je trouve assez sot de rire d’une chose qui n’a pas un sens quelconque ; et si quelque singularité dans la forme d’une œuvre spirituelle peut me mettre en belle humeur de temps en temps, je trouve qu’on abuse infiniment trop des œuvres de ce genre, et après la
Belle (...)
La Belle Hélène

Les miettes de Paris

Jeudi 8 février 1866
Lundi soir.
Paris se divise d’un côté, les classiques de la musique, lesquels arborent le frac noir en l’honneur de Fior d’Aliza ; de l’autre, les fantaisistes avec leur pronunciamento en faveur de Barbe-Bleue.
___
Barbe-Bleue après la Belle Hélène. C’est la parodie du drame romantique après la charge de la tragédie.
M is la tragédie et la mythologie sont bien mortes, et l’on pourrait danser le cancan sur leur cercueil.
Tandis que le drame…
Bref, dans huit jours, tout le monde polkera, valsera, (...)
La Belle Hélène Barbe-Bleue

Les hasards de la plume

Dimanche 11 février 1866
Le succès de Fior d’Aliza s’est confirmé et a grandi à la deuxième représentation. Sur ce fond sombre d’un poëme uniformément dramatique, la belle partition de Victor Massé s’éclaire. Elle a l’émotion dans les parties fortes de l’œuvre le quatuor du Châtaignier, le premier final, le duo de la prison, la chanson de la bohémienne mais elle a aussi l’éclair et le sourire dans l’épisode de la noce. Victor Massé a gagné un grand procès qu’il tenait beaucoup à ne pas perdre on ne le rivera plus à son passé ; on ne lui (...)
La Belle Hélène Barbe-Bleue

Les boulevards

Jeudi 15 février 1866
(…)
Ne nous occupons que des théâtres.
(…)
Au théâtre du Châtelet, la Lanterne magique ; – cent représentations.
A l’Opéra-Comique, Fior d’Aliza n’ira peut-être pas tout à fait à ce chiffre, qui sera probablement atteint par Don Juan au Théâtre-Lyrique, et certainement dépassé par Barbe-Bleue aux Variétés. ___
Tons les critiques qui ont parlé de Barbe-Bleue ont loué le chant de mademoiselle Hortense Schneider.
La vocation musicale de Boulotte date de loin.
Elle date du jour où, pour la première fois, à (...)
Barbe-Bleue

Échos de Paris

Dimanche 4 mars 1866
– Autre observation.
Jules Lecomte a fait un livre, le Perron de Tortoni.
L’avez-vous vu, ce perron ?
Il a trois marches et demie, et Offenbach et Victorien Sardou eux-mêmes n’y passeraient pas de front.
Et après cela essayez de démolir le perron de Tortoni aux yeux des gens de Landerneau !
Jules Claretie.

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50

Rechercher
Partager